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Le futur du secteur de la location de bateaux en Espagne selon Nautal

Changements législatifs

Cela faisait longtemps qu’on le réclamait, et c’est sur le point d’arriver. Nous sommes enfin aux portes d’une révolution majeure de la plaisance en Espagne.

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Le nautisme a toujours été associé à une image élitiste et considéré comme un milieu fermé, dans lequel seulement certains font partie et pour lequel la grande majorité de la population n’a pas accès. La majorité du secteur n’aimait pas cette image, mais nous l’avions plus ou moins provoqué.

A la télévision, on voit seulement des images de célébrités sur des yachts, image terriblement loin de la réalité, qui est que 85% des bateaux sont de longueurs modestes. De plus, quand quelqu’un, par amour de la mer, faisait l’effort de passer un des permis bateau espagnol, il ne pouvait louer des bateaux qu’à la semaine, avec le coût que cela suppose. En dehors du coût, quelqu’un qui n’est jamais monté sur un bateau n’aurait pas l’idée de consacrer une semaine de ces vacances, sur les 3 ou 4 dont il dispose par an, à être sur un bateau, et encore moins y emmener sa famille.

Il est logique du point de vue des entreprises de location de bateaux de préférer faire des locations à la semaine. Cela suppose moins de travail pour les check-in et check-out, moins de probabilité que le bateau reste au port une journée, et ainsi, les bateaux sont généralement loués à des personnes expérimentées, ce qui suppose moins de risque. Simplement, cette attitude « logique » fait que le secteur de la location de bateau ne peut décoller. Le secteur de la location de bateau a besoin de beaucoup plus de flexibilité, des locations à la demijournée ou à la journée en pleine haute saison pour que le plus de monde possible puisse commencer à naviguer. La plupart de ceux qui essayent adorent, et ils loueront probablement l’année d’après une semaine complète.

Loin de l’image d’élite qu’on peut avoir du secteur, naviguer est en réalité abordable. Il est facile de trouver des voiliers en location en plein mois d’août pour 2100 euros, sur lesquels peuvent embarquer 6 personnes pendant une semaine. Cela revient à 350 euros par personne la semaine complète avec le logement, la cuisine pour se faire à manger, et la partie loisirs, tout inclus.

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Mais pour louer une semaine, il faut d’abord avoir pu louer un jour, ou même une demi-journée, et y avoir pris goût. Donnons de la flexibilité et le secteur de la location de bateaux  grandira, comme cela s’est passé avec le ski. Il y a quelques années encore, seuls les dits « riches » ou les montagnards allaient skier, et aujourd’hui, nombreux sont ceux qui y vont une fois par an. C’est pourtant une activité ayant un coût beaucoup plus important que le nautisme.

Nous sommes aujourd’hui sur le point de changer le monde nautique.

Comme nous l’avons précisé précédemment, 80% des bateaux sont de longueurs modestes, appartiennent à des propriétaires qui ne sont pas « riches », mais qui font un effort important pour les garder et les entretenir par amour de la mer. Ces personnes ont leur bateau au port plus de 90% du temps, et la justification la plus courante à cela est, ironiquement, qu’ils manquent d’accompagnants pour sortir en mer avec eux. Pour pouvoir louer son bateau sans skipper en Espagne, il suffit juste de changer de « liste », c’està-dire d’immatriculation. Cette démarche est assez simple et peu coûteuse puisque cela est vite compensé en louant quelques jours son bateau. Chez Nautal, nous avons aidé beaucoup de propriétaires à le faire et ils louent désormais leurs bateaux de manière satisfaisante.

Beaucoup de propriétaires de bateaux ont eu peur de louer leur bateau sans skipper, et trouver un skipper professionnel en haute saison était quasiment impossible. Pour autant, faire soi-même le skipper en Espagne nécessite beaucoup d’années de formation et un investissement économique important.

Dans la majorité des cas, aux particuliers qui souhaitaient rentabiliser leur bateau mais qui n’avaient pas la formation, l’intérêt ou le temps, nous avons proposé que ce soient les entreprises de location de bateaux avec lesquels nous travaillons qui gèrent leur bateau. Nous pensons que c’est un bon moyen.

Aujourd’hui, la Direction Générale de la Marine Marchande est actuellement en train d’apporter des changements législatifs qui permettront à un possesseur du permis espagnol PER, PY ou CY, suite à quelques démarches, d’exercer professionnellement en tant que skipper, avec évidemment certaines limites.

Le principal projet, c’est le « Real Decreto », pour lequel s’établissent les habilitations autres que les permis bateaux, pour la conduite des bateaux de plaisance.

Ce Real Decreto permettra qu’un « Patrón de Embarcaciones de Recreo » (PER – le permis le plus courant chez les amateurs du nautisme), après la réalisation d’un cours basique de sécurité, pourra faire des excursions nautiques avec jusqu’à 6 personnes à bord d’un bateau jusqu’à 15 mètres de long, à une distance de 5 miles du port. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est suffisant pour offrir un essai en mer à des gens intéressés par le secteur. Pour les « Patrones de Yates » et « Capitanes de Yates », ces distances s’étendent respectivement à 8 et 10 miles nautiques du port, ce qui dans la pratique ne fait pas une grande différence.

Cela permettra aux entreprises de location de bateaux un accès beaucoup plus facile à des skippers pour des courtes durées et aux particuliers de pouvoir naviguer avec leur bateau en emmenant des clients, ce qui couvrira certains frais.

Il y a également un aspect qui pourrait être renforcé et qui selon nous dynamiserai énormément le secteur : les « packs d’expériences ». Pour ceux qui ne sont jamais allé en mer, il est difficile de penser à louer un bateau, mais si cette sortie est présentée comme une expérience, ils peuvent y être beaucoup plus réceptifs. Ce type d’expérience dure en général 2 à 4 heures, et les changements législatifs précédemment expliqués permettraient parfaitement de créer une offre beaucoup plus attractive pour le grand public.

En outre, se régule également la question du travail dans le secteur nautique, réclamation historique des acteurs. Le projet de loi régulatrice de la protection sociale des travailleurs du secteur maritime-pêche apportera une couverture à ces personnes travaillant comme skipper car ils feront partie du Régime spécial de la sécurité sociale des travailleurs de la mer. Ce régime inclura des droits à l’assistance sanitaire, des aides pour incapacités temporel suite à maladies, accidents de travail ou domestiques, ou encore retraite avec les mêmes conditions et extension que le Régime Général.

Ainsi, quand ces lois seront formalisées, les entreprises de location de bateaux pourront agrandir leur flotte de bateaux en location avec skipper. D’autre part, beaucoup de propriétaires verront comme une possibilité réelle le fait de partager leurs sorties du week-end avec des inconnus, partageant avec eux leur amour pour la mer, tout en les aidant à payer les frais d’entretien/de port de leur bateau.

Il est possible que beaucoup de skippers professionnels (skipper en haute mer, skipper professionnels de bateaux de plaisance, etc.) puissent y voir leur travail (qui leur a couté tant d’effort et d’argent) mis en péril, mais chez Nautal, nous sommes convaincus que cette réforme sera très bénéfique pour eux. Tout d’abord, cette habilitation avec une telle limitation de distance du port ne permettra aux titulaires du PER, PY et CY avec l’habilitation, de faire que des sorties à la demi-journée ou à la journée. Les locations à la semaine nécessiteront alors toujours un skipper professionnel. De plus, cela permettrait d’augmenter conséquemment le nombre de personnes se rapprochant du nautisme, ce qui supposerait par conséquent plus de clients pour eux également.

La révolution est sur le point d’arriver, il nous revient désormais de transmettre notre amour pour la mer à ceux qui n’ont jamais navigué.